samedi 17 décembre 2011

4 octobre les pousse pousse d'Antsirabe, appelée aussi "Vichy malgache",située à 1500 mètres d'altitude

Ce matin Ndimby nous organisez une balade en pousse pousse dans les rues d'Antsirabe pour aller au marché.
Antsirabe, Région Vakinankaratra,à 169 km environ de Tana,  ville de 200000h, ancienne ville thermale, aujourd’hui un centre industriel (cotonnade, bière), agriculture (riz, manioc, etc.), des mines de pierres précieuses, semi précieuses et des minéraux. Autrefois une ville très prisée par les colons pour son climat privilégié, ses thermes avec son eau salée bienfaisante et ses lacs.
   Le nom de Tsirabe date de 1868 et signifie « là où il y a beaucoup de sel ». Il fut donné par des missionnaires norvégiens et c’est le missionnaire TG Rosaas qui fonde véritablement la ville en 1872.

   Il y aurait aujourd'hui 7000 pousse-pousse (recensement difficile car nombreux fraudeurs  probables),  ces moyens de locomotion dateraient de l’arrivée des Chinois à Madagascar, venus pour la construction de la ligne de chemin de fer au début du vingtième siècle. Environ 2% seulement de ces tireurs possède son propre véhicule. Les pousse appartiennent en grande majorité à des propriétaires - environ une cinquantaine - qui peuvent en posséder jusqu’à 200 pour le plus gros propriétaire d’Antsirabe. Les tireurs leur louent un pousse à la journée. Il est difficile de savoir à combien s’élève une location, car elle dépend de la beauté et de l’état du pousse et pourrait atteindre de 2500 FMG à 7500 FMG par jour (soit 2,50 à 7,50 francs français).

Les tireurs s’occupent de l’entretien du véhicule.  Tous les pousse sont immatriculés et identifiés selon des règles très strictes. Sur le pousse doit figurer le nom (ou surnom) du propriétaire et une plaque comportant le numéro d’inscription au registre de la mairie, ce numéro comprenant 3 chiffres suivis de 2 lettres.

Un tireur doit avoir au minimum 18 ans pour pouvoir tirer mais cela ne suffit pas. Il faut encore qu’il possède une carte grise et un « permis de tirer » délivré par la mairie. Pour obtenir et conserver ce permis, il passe tous les ans une visite médicale. Ce permis a un prix que la mairie n’a pas voulu communiquer mais qui est payé par le propriétaire des pousse. Par ailleurs, tous les ans, les pousse doivent passer aux services techniques de la commune qui vérifie les suspensions, l’état des pneus et la propreté des véhicules.
A l’origine, les tireurs de pousse sont des paysans. Les colons qui avaient besoin de main d’œuvre venaient chercher des malgaches dans les champs. Aujourd’hui, les choses ont changé car ces tireurs sont d’abord des citadins et de moins en moins des paysans venant faire tireur à la ville à la saison morte dans les champs. Cette situation peut s’expliquer d’abord parce qu’un tireur gagnent plus en tirant un pousse qu’en travaillant aux champs. Mais il y a aussi le problème des paysans sans terre, ceux dont les champs ont été rachetés par de plus puissantes entreprises. Ces paysans dépossédés sont partis à la ville, en emmenant leur famille avec eux. La situation s’est développée anarchiquement, rien n’ayant été prévu pour les recevoir à Antsirabe. Ce problème est évoqué par le groupe de musique Mahaleo, qui soutient la cause des tireurs de pousse, qui ne bénéficient d’aucune sécurité.
Le nombre de pousse-pousse augmente et est devenu plus difficile à maîtriser, l’administration a du mal à gérer le flux de production de ces derniers et le flux de circulation urbaine. La promiscuité guette et l’assainissement devient une nécessité. Il a été question de les supprimer et de les remplacer par des cyclo pousse, dits "moins dégradants".
Les dispositions prises sont radicales vu l’urgence de la situation, la communication est négligée, le dialogue ignoré. L’Administration fait face à un problème d’interlocuteur. Le changement est très mal accueilli et aboutit à des conflits, et émeutes...
 A la sortie des hôtels ils sont là très rapidement jusqu'à 20 à la fois à vous solliciter...difficile à gérer!

Ce matin-là Ndimby gère avec fermeté et efficacité et nous voilà partis en ville.
Quelques images choquantes sur le trajet...

nous passons près du lac et apercevons l'établissement thermal
quelques échoppes de meubles...
de fleurs artificielles
de transports divers côte à côte...

et nous arrivons près du marché pour le débarquement!

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