lundi 28 novembre 2011

1er octobre 2011 suite des visites: Ambohitsoa, village des hauts-plateaux

 C'est en 2006 que j'ai mis les pieds pour la première fois sur la terre rouge de la commune de Manandriana ( à 20km de Tana), au cours de mon 1er voyage à Madagascar avec la SEF (voir archives dans ce blog), nous avions déjà parcouru à pied les sentiers et pistes au milieu des hameaux et cultures, les enfants à l'époque allaient en classe tassés dans les bureaux du fokontany d'Ambohitsoa. Il y avait beaucoup plus de rizières et moins de briqueteries, autant de cultures et quelques zébus, poulets et cochons. L'état des maisons est correct, elles sont globalement bien entretenues, la piste et les chemins ont souffert. Toujours des vents forts qui soulèvent la poussière, et pas de reboisement sur ces collines.
En 2007 décision a été prise de bâtir un premier bâtiment de 2 classes de Primaire avec 2 latrines à la sortie du village, qui a choisi ce lieu et pourquoi? Je n'ai pas de réponse! En 2008 un groupe SEF est venu inaugurer ce bâtiment plus une adduction d'eau gravitaire (aide du SVL et de l'Ami de Tous). En 2009 nous avons inauguré un 2ème bâtiment de 3 classes face au premier, construction bâclée par l'entrepreneur de l'époque, manque de suivi par la correspondante sur place. C'est en allant en mission en mai 2010 après mon élection de Présidente que j'ai pu constater ces manques graves et l'insécurité sur la tête des enfants. Après consultation du CA et réception de devis-plans soigneux faits par Naivo recruté pour cette étude,  j'ai fait procéder d'urgence aux travaux nécessaires d'étanchéisation,solidification et aménagements drainage...En novembre 2010 j'ai pu vérifier le bon fonctionnement et la remise en état de l'école qui reçoit 190 élèves de Primaire, avec 5 instituteurs dont la directrice motivée et rigoureuse. Au cours de cette mission m'a été présentée l'étable à zébus toute proche servant d'abri cantine, j'ai soumis au CA le projet de transformation de ce bâtiment en "Cantine digne de ce nom" qui a été accepté, Les travaux ont été confiés à Naivo qui nous a prouvé son professionalisme et sérieux. Les villageois, les parents d'élèves et les enfants ont participé activement aux travaux de déblaiement, terrassement, transports de matériaux, drainage, peintures, je leur avais suggéré d'exercer leur talent de couvreur en toit de chaume traditionnel et déclaré ne pas vouloir de tôle sur cette cantine, et ils m'ont fait la surprise de réaliser ce travail en début d'année sans rien dire.
En octobre 2011 avec le groupe nous avons inauguré la cantine
et déjeuné à l'intérieur avec les enfants, service fait par les enseignants et les parents d'élèves, prise en charge des frais par Ndimby. Ce fut une magnifique journée ponctuée par les chants, les rires, à la joie de tous, et l'occasion d'examiner sur place les plans du futur 3ème bâtiment, les possibilités techniques et les problématiques qui y sont liées.

Nous avons offert des kits scolaires pour la rentrée des grands et diverses autres fournitures scolaires , ludiques et pour la cantine des verres, timbales...

dimanche 20 novembre 2011

De Tana à Ambohitsoa...Matinée du 1er octobre.

   Après avoir quitté le quartier d'Anatihazo,
nous franchissons un des canaux égoût de la ville où des lavandières s'activent sur le trottoir.
 
nous prenons la direction nord-est, au milieu des encombrements , marchés, embouteillages,
longeons le marécage Masay où des collecteurs de jacinthes d'eau  (prolifération galopante, 75% du marais envahi) remplissent des sacs, ils les vendront pour faire du compost.

Ambohitsoa est à 20 km de la capitale, commune de Manandriana. La sortie de Tana est toujours très encombrée de ce côté, embouteillages, marchés..
    .Sur la fin du parcours nous pouvons découvrir au bord de la route des TAMBOHO NTALO ( Mur Séculier Malgache) Ces monuments avaient plusieurs fonctions socio-économiques dans l'ancienne Société rurale de l 'Imerina . La hauteur de l'édifice marque la classe sociale du propriétaire . Ils délimitaient des parcelles rectangulaires ou carrées et servaient autrefois de protection d’un petit village ou d'une propriété. Les maisons ont hélas disparu avec le temps. Celles en forme de cercle servaient d’enclos pour le bétail.
 Ces murs en terre latéritique "compactée" et damassée dont les procédés de fabrication confirment encore plus. l'ingéniosité des anciens,  défient le temps et les climats 300 ans après , murs d'argile  faits avec l'alliage d'œufs et de bouse de zébus qu'il fallait macérer et piétiner durant des longues journées ou même des mois . Il fallait attendre que la mixture soit " cuite ", l'érection se faisait par tranches successives ou par étages, la première tranche achevée il fallait attendre que celle-ci sèche et se solidifie pour ensuite rajouter la 2ème tranche et ainsi de suite pour en finir à la hauteur idéale (5,  9 ou 11 mètres). On constate une symbolique des nombres impairs dans cette édification, les blocs sont empilés en nombre impair 3,5,7.
un enclos à zébus

samedi 19 novembre 2011

Premier jour du voyage, samedi 1er octobre 2011

Dès le début de la matinée visite au lavoir d'Anatihazo, quartier de Tana.
Historique et constat:

1 - LE LAVOIR D'ANATIHAZO, visite du 1er octobre 2011, voyage groupe 2011
Avec Lalao, responsable du lavoir d'Anatihazo, quartier de Tana,
environ 70 lavandières qui ont une présence alternée et planifiée: de l'ouverture le matin 4hres à la fermeture le soir à 18hres en principe, organisées en association et payant des cotisations.
Ce fond de roulement sert à payer quelques menues réparations sur la structure et à aider des mamans dans le besoin solidairement.
Restauré et agrandi en 2008, avec adjonction d'un bloc sanitaire en arrière, assainissement le long du mur de l'école derrière qui en temps de pluie laissait passer les eaux dans les classes: financement de 4500 euros SEF et 1500 euros privé, budget limité: travaux en fonction.
Il n'y avait pas un débit suffisant d'eau pour desservir à la fois lavoir et douches-WC, suite à des factures anciennes non payées à la Jirama (service des eaux) par le fokontany, ce bloc est resté fermé plusieurs mois et on les a laissées trouver elles-mêmes la solution en les interpellant à chaque passage.
La solution: remplir des seaux d'eau déposés dans les douches et les WC, ainsi tout a pu être mis en service, un nettoyage régulier est assuré par la maman de Kevin, l'enfant aux pieds malformés, ils vivent dans le petit bureau près du bloc sanitaire.
Ces femmes lavent le linge d'autres personnes, c'est leur métier, pour la plupart elles vivent dans les quartiers proches et en arrière du lavoir, certaines dans des cabanes en planches au toit de tôle de 3 m sur 3, à 5 ou 6 membres de la famille, un ruisseau-égout circulant devant .
Il règne dans ce quartier  une réelle insécurité.

A surveiller: les piliers en bois de la couverture dont la base trempe dans l'eau de lavage, le sol à ré agréer, points qu'il aurait fallu envisager au moment de la réhabilitation mais bloqués par le blocage du financement décidé à l'époque par l'ancien président de l'association.
La capacité pourtant doublée en 2008 reste insuffisante par rapport au nombre de lavandières, mais l'endroit n'est plus extensible.
Le plus gros problème reste l'écoulement des eaux usées qui en-dessous récupère les eaux chargées de déjections diverses de l'égout du quartier et aboutit dans un regard de la rue avant de finir dans un des canaux pollués de la ville. Ce regard de rue doit être ouvert régulièrement pour à mains et pieds nus œuvrer au curage!
De nombreux problèmes de santé existent dans ces familles dont certains ont été gérés avec des aides privées, il est temps que la SEF assure une prise en charge de cette communauté de femmes et enfants dans un esprit de suivi humain autour d'une action concrète de construction d'une structure.
Ainsi avec Mado et Christian avons-nous décidé sur place pendant ce voyage de donner à une maman( sous responsabilité de suivi par Lalao la responsable) 76000 Ariary pour l'intervention de herniorraphie. Cette somme correspond à la facture de tous les produits nécessaires à l'intervention, et les examens de labo, l'acte chirurgical étant gratuit. Une demande a été faite pour le changement de pointure des chaussures orthopédiques de Kevin dont on attend le devis, cet enfant né avec une malformation des pieds, a bénéficié d'une aide privée pour des plâtres pendant 2 ans, aujourd'hui il court. 
Kevin

Nous avons acheté au nom de la SEF des pains de savon chez le grossiste habituel du coin de la rue, que Lalao a distribués de manière équitable entre toutes les lavandières, ainsi que les vêtements, produits d'hygiène et matériel scolaire collectés par les membres du groupe avant le départ.

C'est toujours pour moi très émouvant de revoir ces femmes que je connais maintenant depuis 4 ans. Si à ma première visite sur les lieux elles s'étaient montrées méfiantes et distantes, aujourd'hui elles m'accueillent toujours avec autant de chaleur et d'amitié, que je leur apporte ou non des cadeaux. Et quand je passe seule les voir elles me protègent en m'entourant de tous côtés pour déambuler dans la rue ou les arrières.
Lalao et sa mère 92 ans!

la rue du lavoir


mercredi 16 novembre 2011

Parlons de ce voyage d'octobre 2011 avec 16 membres de la SEF.

  Un mois déjà s'est écoulé depuis mon retour! Je n'ai pas vu le temps passer entre l'expo à préparer et installer et les ateliers scolaires à Moncoutant et Argenton , les dossiers à mettre à jour , la com. chaque jour, le travail de mise à jour des finances et du reste, mes activités diaporamas et internet pour "Montgolfières en Thouarsais", le tri et travail sur les photos....etc...etc...
Peu de temps pour la famille.
Pas de temps pour la maison et le jardin.
Du temps de réflexion sur les actions , avec le recul. Des exigences à notifier, au-delà de l'amitié qui me lie aux partenaires malgaches , l'émotion ne bride pas la rigueur.
  L'organisation avec Ndimby de 2 séjours de cousines qui partent bientôt, et d'amies qui sont déjà parties m'a permis de rester là-bas encore un peu...J'aime ce travail sur la programmation de séjours, les visites, les haltes, les rencontres. Au bout de 11 séjours je commence à bien cibler les points intéressants et utiles, en tenant compte du profil humain et avec Ndimby la collaboration se passe bien.
  Le voyage d'octobre était le premier dont j'ai eu totalement la responsabilité d'organisation et je m'en suis régalée, comme quand vous ouvrez votre porte à de nouveaux amis pour les accueillir chaleureusement chez vous et leur faire partager votre univers. Ce fut aussi comme la récompense du travail intensif pour la SEF de toute l'année pendant laquelle il y a peu de possibilités de délégation et qui vous force souvent à avancer seul . Mado s'est occupée des vols internationaux et des valises de dons, Christian des valises aussi et des dossiers d'actions, disponible et indispensable pour cadrer les choses, le roi des tableaux Excel.
   Pour le programme j'ai recueilli les desiderata de Mado en les rationnant en fonction des temps et distances, j'y ai joint les miens, et surtout j'ai axé au maximum sur les rencontres humaines et le temps sur nos lieux d'actions.
J'ai proposé de nouvelles destinations à Ndimby comme Betafo, la ferronnerie de Dieudonné, et un de mes rêves: le Parc Marojejy, j'ai sollicité René pour une visite de son atelier de vannerie . Nous avons mis deux mois à tout planifier, par emails et surtout téléphone dont la facture a explosé le budget! Le résultat était à la hauteur de mes attentes, certaines déceptions attendues.
  Ce séjour m'a permis de présenter aux deux membres du bureau qui m'accompagnaient tous mes contacts et amis, des liens créés depuis 5 ans ou moins, par des moments partagés quelquefois très forts, ceci avec l'objectif d'assurer l'avenir des collaborations pour la SEF par une meilleure connaissance des individus pour une confiance réciproque. J'ai eu l'impression de présenter ma famille à des étrangers qui les jaugeaient et quelquefois cela me fut douloureux. J'ai eu aussi le sentiment égoïste qu'on me prenait quelque chose d'unique.
  Il m'a fallu du temps et des moments de vie commune d'égal à égal pour établir ces liens, vivre à la malgache ne m'a jamais posé de problème, l'adaptation fut parfaite, j'ai connu dans mon enfance des scènes similaires dans la petite ferme vendéenne car si nous avions un toit, pour le reste la vie était une dure vie de labeur avec ses malheurs et ses frustrations, parsemée de soirées solidaires et conviviales entre villageois, la lessive à la rivière, l'eau au puits, la lampe à pétrole, les balades en charabancs..... L'adolescente rebelle, mère célibataire à 19 ans a connu la faim, seule à Paris...mais c'est une autre histoire!
  Alors tout à coup présenter nos partenaires de travail , ceux chez qui j'ai dormi, dont j'ai partagé les repas:  oui c'est nécessaire ,  mais en n'oubliant pas que j'ai ce lien privilégié de respect et affection mutuels et en me laissant un temps privé d'échanges sans que je me sente obligée de le demander...quand même!!
  Nul ne peut douter de mes objectifs associatifs, mais je fonctionne avec des émotions, des amours et des amitiés, qui n'entraveront pas la rigueur et les exigences relevant des domaines concrets des actions de la SEF.
  Bref!! Le Partage: oui! Mais avec Respect!
  La composition du groupe de 17 personnes fut un facteur important qui a joué sur l'atmosphère générale du séjour: amitié, solidarité, générosité, gaieté, émotion...tous ingrédients pour une bonne mijotée. Rare à ce point!
Nous nous sommes tous sentis orphelins les uns des autres une fois rentrés,et Ndimby aussi!
   Les prochains articles reprendront chronologiquement le programme de ce voyage ô combien humanitaire!